100 % du chiffre d’affaires du SNE provient des œuvres des auteurs

Actualités 100 % du chiffre d’affaires du SNE provient des œuvres des auteurs Le prix d’un livre, c’est ce qu’on met pour l’acheter. En théorie, c’est aussi ce qu’il faut pour payer équitablement ceux qui le fabriquent. Ainsi avons-nous une chaîne du livre que, tel le producteur de cacao ou de café, l’auteur initie, et qui se poursuit en maillons, que sont l’éditeur, le diffuseur, le distributeur, le détaillant. Le tout forme un camembert, ou un gâteau si vous préférez, le prix du livre tel qu’on se le partage. 1,51 euros : c’est ce que touchent en moyenne les auteurs sur un livre à 20 euros). Ces chiffres sont révélés par le rapport Hervé Gaymard page 31, missionné par le ministère de la Culture. En jeunesse, ce livre rapportera encore moins à son auteur (6 %). Moins encore en traduction, livres pratiques ou en livres d’art (0,5 %). Choquant ? Non, répond le SNE tout récemment. Il est allé vérifier par-lui-même et nous dit aujourd’hui : « en vérité les droits d’auteurs représentent24 % de notre chiffre d’affaires ». La preuve, c’est KPMG qui le dit, sur notre commande. Choquant ? Non. Commençons par rappeler que parmi les plus gros éditeurs, beaucoup ont la main sur la distribution. L’étude du SNE n’en tient pas compte. Elle ne tient pas non plus compte des chiffres des best-sellers tenus par ces mêmes grandes maisons, ni de l’édition universitaire… où les auteurs ne perçoivent quasiment jamais de droits d’auteur. Parfois même, il n’y a pas de contrat. Depuis dix ans, date de signature des accords dits de 2014, le SNAC, au sein du CPE, plaide pour que le partage de la valeur soit discuté. Depuis dix ans, le SNE botte en touche, malgré la Directive européenne de 2019 qui inscrit le principe d’une rémunération « appropriée » en lettres d’or dans la législation européenne (on l’attend encore dans la loi française). En 2022, le SNE écrit à la ministre de la Culture : touche pas à ma valeur ! Les folles exigences des auteurs risquent de remettre en cause le modèle économique. Sacro-saint, le modèle économique ne peut pas être discuté. Un auteur sur deux ne touche aucun à-valoir (étude ministère 2016). Pour ceux qui ont cette chance, chaque année, cette avance se réduit à peau de chagrin. L’ultra-majorité des auteurs cèdent, gratuitement, l’exclusivité. Et pour une durée de 70 ans après leur mort. Toujours gratuitement, ils cèdent leurs droits de traduction, d’adaptation sonore, théâtrale, audiovisuelle… pour pas un rond. Et demain le métavers, et déjà l’Intelligence Artificielle. Mais aussi, pour ne pas bousculer le modèle économique, la création n‘est pas payée. Nous sommes des exploitants, nous dit la loi et surenchérit le SNE. Nous ne payons que l’exploitation de vos œuvres. Autrement dit, notre succès. La création n’a donc aucune valeur ? Le style, l’expérience, l’expertise, la recherche, l’imaginaire, le labeur, l’écriture, la réécriture, la ré-récriture, etc. Tout ça vaut zéro ? Alors on nous parle des à-valoir non couverts : certains auteurs touchent des avances que leurs ventes ne remboursent pas. En BD, même, des auteurs reçoivent de véritables fixes et sont payés dès le premier exemplaire vendu. Voilà qui est intéressant. Donc, le SNE pratique déjà (depuis longtemps) le minimum garanti non remboursable et non amortissable, tel que le demande le SNAC au sein du CPE ? Pour certains et selon des critères variables ? N’y a-t-il pas là le début d’une pratique vertueuse, de prime d’écriture, d’inédit ou d’exclusivité ? Et que dire de ces éditeurs, encore trop rares, et pas toujours au SNE qui, d’eux-mêmes, ont relevé les taux de rémunération proportionnels ? A notre connaissance, la faillite ne les a pas emportés. Nous n’allons pas entrer dans une bataille de chiffres d’autant qu’une chose est sûre : 100 % du chiffre d’affaires du SNE provient des œuvres des auteurs. Bon, mesdames et messieurs du SNE, si on se mettait autour de la table ? Pour aller plus loin… https://www.culture.gouv.fr/Thematiques/Livre-et-lecture/Documentation/Publications/Chiffres-cles-du-secteur-du-livre/Chiffres-cles-du-secteur-du-livre-2018-2019 https://www.culture.gouv.fr/Thematiques/Livre-et-lecture/Actualites/Etude-sur-la-situation-economique-et-sociale-des-auteurs-du-livre-resultats https://www.culture.gouv.fr/Espace-documentation/Missions/Rapport-d-Herve-Gaymard-sur-la-situation-du-livre   Contact : contact@snac.fr – 01 48 74 96 30

Bienvenue Madame la Ministre

Actualités Bienvenue Madame la Ministre Le Syndicat national des auteurs et des compositeurs salue l’arrivée de Madame Rachida Dati Rue de Valois. Son expérience gouvernementale passée est un atout pour lui permettre de reprendre, sans délai les dossiers en cours pour les faire aboutir en 2024 et pour discuter et porter les évolutions nécessaires à une réelle protection des auteurs et du droit d’auteur. Le Snac espère que Madame la Ministre engagera sa forte personnalité au service d’une volonté politique ferme entre autres sur les sujets suivants : Le respect dans tous ses dispositifs et pour tous les métiers de la création de la réglementation sur le droit d’auteur en France dans le contexte des développements des systèmes d’Intelligence Artificielle Générative ; Le respect de la Directive 2019/790 du 19 avril 2019 dans toutes ses dispositions ainsi que le soutien aux projets européens en cours favorables aux auteurs et notamment, l’accès à une rémunération appropriée et proportionnelle pour tous les auteurs de chaque secteur ; L’accompagnement de la transformation des secteurs de la culture au regard des nécessités de la transition écologique en prenant en compte l’économie actuelle de la rémunération des femmes et des hommes qui exercent des métiers d’artistes auteurs ; Le financement de la filière musicale que le PLF 2024 n’a pas permis de sécuriser au niveau préconisé par le rapport de Monsieur le Sénateur Julien Bargeton et qui doit permettre pourtant de dégager des budgets suffisants pour les bourses auteurs/autrices, compositeurs/compositrices du CNM ; La présentation au Parlement des dispositions législatives nécessaires pour enfin permettre l’extension par arrêté ministériel pour la mise en œuvre du Code des usages et des bonnes pratiques (CDUBP) en matière d’édition dans le secteur musical ; Le bilan de la concertation 2023 dans le secteur du livre, ainsi que l’établissement de nouvelles dispositions pouvant permettre aux auteurs d’avoir accès à des dispositions légales et des pratiques contractuelles plus favorables que le contexte actuel ; L’évolution des textes législatifs ou règlementaires pour mettre fin aux mauvaises pratiques dans les secteurs de la musique et de l’audiovisuel (et en particulier l’édition coercitive).   Le Snac se tient à la disposition de Madame la ministre et des membres de son cabinet une fois nommés pour s’entretenir des urgences identifiées pour les auteurs et des axes de la politique qui sera menée en faveur des auteurs des différents secteurs de la création. Contact : Maïa Bensimon – ladirection@snac.fr – 01 48 74 96 30

L’IA doit nous pousser à agir, réagir, imaginer – ce qu’elle est incapable de faire ! – Un entretien avec Pierre-André Athané, compositeur, président d’honneur du Snac, membre du groupement Musiques à l’image.

Actualités L’IA doit nous pousser à agir, réagir, imaginer – ce qu’elle est incapable de faire ! – Un entretien avec Pierre-André Athané, compositeur, président d’honneur du Snac, membre du groupement Musiques à l’image. Bulletin des Auteurs – À la suite de son Assemblée Générale à Londres, Ecsa publie une déclaration à propos de l’Intelligence artificielle. Pierre-André Athané – Oui, Ecsa dans cette déclaration pose le principe de la primauté de l’humain sur la machine et affirme de nouveau que le droit patrimonial des auteurs et leur droit moral doivent être préservés ; que l’utilisation des œuvres protégées doit donner lieu à déclaration et rémunération ; que les auteurs doivent avoir l’option de l’opt-in/ opt-out,c’est-à-dire la possibilité d’autoriser ou de retirer leurs contenus utilisés par l’IA. Par ailleurs un « AI Act » est en train d’être examiné au Parlement européen, et ECSA suit de près l’évolution des choses. Dans le cadre d’une journée organisée par Ivors Academy, organisation d’auteurs proche du Snac, à la suite des réunions ECSA de Londres, le député européen Axel Voss est venu nous présenter l’esprit de l’AI Act : « Le Parlement européen reconnaît les bénéfices potentiels et les enjeux de l’Intelligence artificielle et essaie d’élaborer un cadre global pour réguler son utilisation ».  L’Europe essaie donc d’imaginer, sans grande audace si l’on s’en fie à cette déclaration, une régulation qui se base sur le respect des droits, des bonnes pratiques. En tout cas on se penche sur la question en sachant que là encore la lutte entre lobbies fera rage. Peut-être arrivera-t-on à des lois, des règles ? Souhaitons-le, sachant qu’au sein de l’Europe, tout est extrêmement lent, et que doivent ensuite advenir des décrets d’application dans chaque pays. De plus, en juin 2024 auront lieu de nouvelles élections européennes, donc tout peut être remis en question. La route sera longue. L’IA va mille fois plus vite… B. A. – La composition musicale est-elle menacée ? P.-A. A. – Dans certains secteurs comme le doublage sous-titrage, les métiers d’auteurs et autrices semblent déjà affectés par l’Intelligence artificielle ; ce n’est pas encore le cas dans la musique, et pour moi ce ne le sera jamais vraiment. L’IA ne parviendra jamais à la complexité et à la finesse d’une création humaine. Et si je me trompe je plains l’humanité qui vivra un tel non-sens, un tel chaos. Globalement, on fonctionne trop sur des fantasmes, comme de dire que l’IA serait la dernière invention humaine. Je pense que c’est excessif. L’humain aura toujours la main d’une manière ou d’une autre. Dans le domaine de la musique, des outils d’aide à la composition existent déjà, permettent par exemple de développer nos capacités à créer à partir de ce que nous avons antérieurement composé. Personnellement cela ne m’intéresse pas trop, parce que je préfère le faire par moi-même. Mais certains peuvent être tentés. Pour aller où ? Sur le site Beatoven, qui s’adresse aux utilisateurs de musique, on peut demander à l’IA, sur la base de mots clefs, une mélodie de tel style, de telle rapidité, de tel ton, par exemple pop, rapide, joyeux, joué par tels ou tels instruments. Le résultat en est extrêmement médiocre. Cela va s’améliorer et on parviendra probablement à générer une musique de flux, un fond sonore plausible voire comparable à ce que font de mauvais compositeurs. L’IA saura vite faire de la musique de perroquet. Mais des obstacles vont intervenir : un blocage du dépôt à la Sacem, une impossibilité d’obtenir l’aide CNC si c’est une musique de film, etc. Le piège, ce serait peut-être des créations bâtardes, de compositrices ou compositeurs qui utiliseraient partiellement ou totalement l’IA et signeraient le résultat. Nous verrons bien. On va aller plus vite à fabriquer une musique de mauvaise qualité sans doute, mais je ne m’inquiète pas trop pour la vraie création. Quand on est compositrice ou compositeur, on connaît la complexité de la composition, ce qui en fait sa singularité, qui est attachée à une personne et son destin, une pensée et ses cheminements complexes, et ne peut être imitée. Faites imiter du Éric Satie par l’IA ? Le résultat en sera toujours lamentable. Les commanditaires, les professionnels, et une très grande partie du public feront la différence. Créer de la musique c’est d’abord communiquer un récit, le développer. L’auteur qui crée est un humain qui s’adresse à des humains, ceux qui reçoivent cette création veulent pouvoir admirer l’autrice ou l’auteur, le reconnaître, l’identifier et s’identifier à lui. L’Intelligence artificielle dite « générative » ne peut pas créer cette adresse aux autres. Elle peut au mieux être un gros jouet malin et rigolo. Elle ne séduira vraiment que les médiocres. Dans la musique, la technologie existe depuis toujours, elle commence avec la fabrication d’instruments. Tous les outils qui servent la créativité sont intéressants, une certaine forme d’IA n’est donc pas sans utilité. Un participant à cette journée d’Ivors Academy disait : « L’Intelligence artificielle n’est rien qu’un outil pour résoudre des problèmes. La musique n’est pas un problème à résoudre. » Il ajoutait que nous devons penser à ce que l’IA peut faire, non pas à ce qu’elle peut nous faire. J’aime assez cette approche. On doit considérer toutefois par prudence, par réalisme, que pour tous les métiers de la création il y a potentiellement un danger, une menace, y compris pour l’emploi, alors les organisations professionnelles, les gouvernements, les OGC, les institutions (CNM, CNC ou autres) l’Europe se mobilisent et ont raison de le faire. Peut-être aussi que l’IA pourra produire des outils afin de se réguler elle-même. Elle pourrait par exemple détecter ce qui est généré par elle-même ? Pourquoi pas ? Parmi les initiatives intéressantes évoquées à Londres, signalons celle de The Human Artistry Campaign. On peut signer la pétition proposée, et aussi adhérer à cette organisation, qui défend un certain nombre de principes, dont le fait que la technologie a toujours bénéficié à l’expression humaine, et que l’IA ne peut fonctionner autrement que comme un nouvel outil à son service. Visiblement, nombreux sont ceux ou celles qui en parlent, parfois trop, parfois pour ne rien dire, mais cela traduit une prise de conscience intéressante des humains

La Responsabilité du groupement « Musiques à l’image » – Un entretien avec Siegfried Canto, compositeur.

Actualités La Responsabilité du groupement « Musiques à l’image » – Un entretien avec Siegfried Canto, compositeur. Bulletin des Auteurs – Vous êtes le nouveau responsable du groupement Musiques à l’image au Snac. Siegfried Canto – Je prends la succession de Yan Volsy et suis déterminé à me montrer à la hauteur de cette grande responsabilité. Comme beaucoup d’entre nous, c’est parce que j’ai régulièrement été confronté à de mauvaises pratiques dans mon activité que j’en suis venu à adhérer au Snac. La singularité de ce syndicat, qui fédère plusieurs groupements aux problématiques communes me semblait un bon principe. C’est dans ce type de cadre que l’on peut mettre en place un lieu d’échange et de réflexion idéal pour, in fine, faire avancer des sujets essentiels et défendre le droit des auteurs. Depuis quelques années que je suis au Snac, je me suis de plus en plus investi. B. A. – Quels sont les chantiers en cours ? S. C. – En premier lieu l’édition coercitive (ou l’accaparement éditorial), qui concerne toutes les musiques mais est endémique dans notre secteur. Nous devons mener un réel travail pédagogique auprès des producteurs et de nos tutelles. Les producteurs et éditeurs n’instaureront des pratiques plus vertueuses que s’ils sont cadrés par une institution comme le Centre national du Cinéma, qui est un grand financeur de la Musique à l’image. Nous avons récemment signé avec le CNC des accords (pour l’audiovisuel et le cinéma) relatifs aux clauses types subordonnant l’attribution des aides. C’est un bon début et nous souhaitons maintenant prolonger ce dialogue. Comme c’est maintenant le cas à la Sacem sur les aides en musique à l’image, nous souhaiterions que les financements du CNC dans ce secteur soient conditionnés au respect de certaines règles quand le producteur impose de prendre l’édition. À l’unisson avec les autres organisations de compositeurs (Unac, U2C) nous appelons de nos vœux une concertation sur ce sujet. Entendons-nous bien, nous ne sommes pas hostiles aux éditeurs. Au contraire, au Snac nous pensons que de « vrais » éditeurs – ceux qui font leur travail et assurent l’exploitation permanente et suivie des œuvres en trouvant régulièrement de nouvelles synchro, envoient les redditions de compte, etc. – sont de réels partenaires pour les compositeurs et des acteurs importants de la filière musicale. Ces bonnes pratiques, pourtant contractuelles, sont malheureusement très rares en musique à l’image. Nous défendons juste la liberté des compositeurs de travailler ou non avec l’éditeur de leur choix. Mais certains chantiers avancent bien ! En ce moment, une concertation a lieu avec le ministère de la Culture au sujet du rapport Bargeton sur le financement de la filière musicale. Le rapport recommande notamment de créer une taxe sur les revenus du streaming musical, afin de donner au Centre national de la Musique des moyens en accord avec sa mission. Le Snac y est partie prenante, aux côtés d’autres organisations professionnelles d’auteurs, de la Sacem, de la CSDEM, des syndicats de producteurs ainsi que d’autres acteurs de la filière. Par contre, nous attendons toujours l’arrêté d’extension du code des usages et des bonnes pratiques dans l’édition musicale, signé en 2017. Nous espérons aboutir rapidement à un accord avec le ministère. Le groupement a unanimement décidé de se pencher sur le secteur du jeu vidéo : nous devons ouvrir un vrai chantier sur des pratiques de rémunération des auteurs qui sont réellement discutables. Comme dans tous les groupements du Snac, l’Intelligence artificielle nous préoccupe particulièrement. C’est un des grands défis des années à venir. Nous appelons à une extrême vigilance et prudence. Il faut bien faire la différence entre l’outil et ses applications. Nous sommes au moment charnière d’une vraie révolution et bien malin celui qui pourrait prédire l’avenir. L’Intelligence artificielle constitue un immense progrès dans des domaines comme la médecine, les sciences. Ce peut être un formidable outil de travail pour les compositeurs, mais il faut rester très attentif sur l’Intelligence artificielle générative (IAG). Le Snac a fait paraître un communiqué de presse en juillet qui appelle à la mise en place d’outils techniques et juridiques permettant aux auteurs d’autoriser ou non l’utilisation de leurs œuvres pour nourrir les IAG (opt-in et opt-out). Nous appelons à un positionnement clair des pouvoirs publics sur ce sujet et travaillons avec différentes organisations européennes (Ecsa et IWC) et internationales (Cisac). La qualité de la musique produite par les IA est aujourd’hui encore assez médiocre, mais cela évolue vite, l’usage qui en sera fait est vraiment à surveiller. Globalement on observe qu’il y a une prise de conscience des acteurs de la culture sur ces enjeux, il faut donc rester optimiste, attentif, vigilant et définir avec l’aide des pouvoirs publics des cadres de travail sains qui préservent les intérêts des auteurs. B. A. – Maïa Bensimon va succéder à Emmanuel de Rengervé dans la responsabilité de déléguée générale. S. C. – J’ai énormément appris au contact d’Emmanuel de Rengervé, qui en plus de ses qualités humaines, est d’une grande rigueur professionnelle et partage avec générosité ses connaissances. Le Snac lui doit beaucoup, il va nous manquer. Nous accueillons Maïa Bensimon, notre nouvelle déléguée générale, avec enthousiasme, pour effectuer avec elle le travail à venir. La diversité et la richesse de son parcours professionnel lui permettront assurément de relever les défis que représente par définition un syndicat transversal et multisectoriel. B. A. – Comment animerez-vous l’esprit du groupement Musiques à l’image ? S. C. – Encore une fois, je me place dans la continuité du travail de Yan Volsy. Le groupement fonctionne très bien, les participants sont actifs, c’est un lieu où la parole et les idées circulent librement.  Beaucoup de nos membres représentent le Snac dans les organisations professionnelles, comme la Sacem, Ecsa, les institutions comme le CNM, le CNC, l’Afdas. Ils font entendre la voix du Snac. C’est un plus. Il y a cependant des points sur lesquels nous pouvons encore progresser. Il me semble important aujourd’hui que nous augmentions et surtout féminisions les adhésions, en musique comme dans l’ensemble des groupements. Nous devons convaincre les compositrices, et plus largement les autrices, qu’elles ont leur place au Snac. Nous devons

Une entrée collective des audiodescriptrices et audiodescripteurs au Snac – Un entretien avec Dune Cherville, Cécile Mathias, Tatiana Taburno, audiodescriptrices, et Ouiza Ouyed, relectrice d’audiodescriptions.

Actualités Une entrée collective des audiodescriptrices et audiodescripteurs au Snac – Un entretien avec Dune Cherville, Cécile Mathias, Tatiana Taburno, audiodescriptrices, et Ouiza Ouyed, relectrice d’audiodescriptions. Photographie de Dune Cheville. Crédit : Karoll Petit / Hans Lucas. Photographie de Cécile Mathias. Crédit : Lewis Wingrove. Photographie de Ouiza Ouyed. Crédit : Katia Lutzkanof. Photographie de Tatiana Taburno. Crédit : Antonio Cinefra. Durant l’été, le Snac a observé une adhésion importante et collective des autrices et auteurs d’audiodescription. Nous avons demandé à quatre d’entre elles quelle a été la genèse de ce mouvement. Dune Cheville est audiodescriptrice et « voix », c’est-à-dire artiste interprète d’audiodescriptions, depuis une vingtaine d’années ; Cécile Mathias est autrice d’audiodescriptions depuis 2018 et traductrice FALC (Facile à Lire et à Comprendre) ; Ouiza Ouyed est relectrice non-voyante d’audiodescriptions depuis 2003 ; Tatiana Taburno est interprète et, depuis quatre ans, autrice de sous-titrages et d’audiodescriptions. * Bulletin des Auteurs – Le Snac salue cette entrée importante et collective des audiodescriptrices et audiodescripteurs. Dune Cherville – Des audiodescripteurs, comme Laurent Mantel ou Héloïse Chouraqui, adhéraient déjà au Snac, et pouvaient nous conseiller sur un plan juridique. Nous menons avec eux notre combat pour que les audiodescripteurs puissent bénéficier des droits de diffusion, qui nous sont jusqu’à présent refusés, bien que nos audiodescriptions passent et repassent sur les chaînes de télévision. Nous étions déjà persuadé·e·s de l’importance d’être syndiqué·e·s, un événement récent a fait que nous avons besoin d’être réuni·e·s collectivement sous l’égide du Snac. Bulletin des Auteurs – Pouvons-nous rappeler en quoi consiste l’audiodescription ? Dune Cherville – C’est un procédé technique né aux États-Unis à la fin des années 1980, qui commence à s’imposer en France, notamment parce que depuis le 1er janvier 2021, tous les films qui ont l’agrément CNC, soit 350 films par an, ont l’obligation d’avoir la piste audiodescription et le sous-titrage SME (Sourds et Malentendants). C’est un métier d’auteur, d’écriture. Nous sommes des traducteurs d’images. Nous partons d’une page blanche et traduisons des images au fur et à mesure que le film se déroule, en prenant bien en compte l’architecture sonore du film, pour laisser les reliefs des bruitages, de la musique, laisser vivre les silences, les dialogues. Nous nous insérons de manière discrète, mais essentielle, puisque nombre de films seraient inaccessibles sans l’audiodescription. Une minute de film représente une heure de travail. Notre texte n’est pas fait pour être lu, mais entendu. Un comédien va donc interpréter, dans un deuxième temps, le texte, dont l’enregistrement va être mixé avec la bande-son du film, en studio, par un ingénieur du son. Cécile Mathias – Nous ne devons pas interpréter, mais nous devons analyser et traduire le message du metteur en scène. Chaque film est différent, notre travail n’est pas mécanique, c’est un travail d’orfèvre. Ouiza Ouyed – Je relis de nombreux auteurs, chacun a sa manière d’écrire, c’est un travail d’analyse en effet, et d’immersion dans l’œuvre cinématographique, vivante ou muséale. Tatiana Taburno – C’est une traduction sensible. On ne peut pas totalement se défaire d’une part de subjectivité. Nous sommes spectateurs·rices, individuellement, d’une œuvre originale et nous allons par la suite donner à voir et à interpréter, mais on ne doit aucunement imposer une interprétation. Il ne s’agit pas d’une explication. Donner à voir signifie dans ce cas permettre à chacun de laisser jouer son imaginaire pour développer un avis et un ressenti qui lui est propre, à partir de l’œuvre originale, de la même façon que trois voyants·es iront voir un même film, au même horaire, dans la même salle de cinéma et n’auront pas le même ressenti. Dune Cherville – Il y a une phrase très belle, d’une cinéaste aveugle, qui dit : « L’audiodescription, c’est comment par les yeux d’un autre, et surtout par les mots d’un autre, des images s’animent sur l’écran de mon regard intérieur. » Cécile Mathias – La dernière étape, c’est avec Ouiza, et d’autres personnes comme elle. Ouiza Ouyed – Je ne représente personne, mais un métier, oui, celui de la relecture. Nous, relecteurs aveugles, notre rôle est de vérifier avec l’auteur la fluidité de l’écriture, le sens, et justement que cette transmission des images, de l’intrigue, des émotions, des rires, des pleurs, soit bien sensible et cohérente, et que ce visionnage soit riche pour tout le monde, sachant que le public des non-voyants ou des malvoyants est un public aussi varié que celui des gens qui voient clair. L’audiodescription doit se fondre dans l’œuvre cinématographique sans la trahir. Tatiana Taburno – Cet aspect collaboratif et artisanal est fondamental et doit être préservé. Bulletin des Auteurs – Quel est l’événement qui menace désormais vos métiers ? Tatiana Taburno – Ce qu’il se passe a trait à l’intelligence artificielle générative et va bien au-delà de l’audiodescription. Nous sommes confronté·e·s à l’arrivée de nouveaux outils connectés et basés sur l’IA. Ces outils sont développés sur le principe des logiciels de doublage et sont amenés, in fine, à nous remplacer. Ils fonctionnent selon une architecture complexe et puissante d’algorithmes qui eux-mêmes sont nourris par la créativité humaine. Se pose donc nécessairement la question de l’éthique, de la dimension créative, de la propriété intellectuelle, des droits d’auteur, puisque nous sommes auteurs·rices d’une œuvre originale, bien qu’elle-même dérivée d’une première œuvre originale. Intégrer nos textes dans ces logiciels connectés et basés sur l’IA revient à nourrir la bête, en somme. Via ces algorithmes, les logiciels vont emmagasiner une mémoire colossale et l’IA pourra opérer une mise en lien de toutes ces données, mais une mise en lien dénuée de sensibilité. Il s’agit de mettre en garde contre cette perte de sensibilité et alerter sur un risque majeur pour nos métiers. Les auteurs·rices se transformeraient en correcteurs-exécutants de machines. Le gain de temps n’est absolument pas garanti. Une correction en bonne et due forme peut prendre autant de temps qu’une écriture originale et la liberté de création s’en retrouve biaisée. Par ailleurs, quid du statut d’auteur·ice, du rôle des relecteurs·rices, des ingénieurs du son et des comédiens·ne·s qui pourraient être remplacé·e·s par des voix de synthèse si aucun cadre législatif ne s’impose ? De nombreuses réactions voient le jour au sein d’organisations professionnelles, de

Elections : le scrutin est ouvert pour le renouvellement du Conseil d’administration du RAAP

Actualités Elections : le scrutin est ouvert pour le renouvellement du Conseil d’administration du RAAP Le Conseil d’administration du RAAP procède à son renouvellement. Vous trouverez les noms, collège par collège en consultant et en déroulant l’article d’actualité préparé par l’IRCEC. Le vote en ligne ouvrira le 28 novembre à 11h et sera clôturé le 12 décembre à 11h, sur le site IRCEC spécialement dédié. Pour information, l’un des présidents d’honneur du Snac, Pierre-André Athané, se présente dans le “Collège des retraités” regroupant des candidats émanant de toutes les professions. Nous souhaitons vous inciter à participer au vote, le régime de retraite complémentaire obligatoire des auteurs étant une pierre importante de la protection sociale des artistes auteurs. Les adhérents concernés par ce vote ont dû recevoir un courrier postal leur indiquant les modalités pratiques du scrutin (code personnel, adresse du site dédié, etc.). Le scrutin étant géré électroniquement, chaque votant pourra accéder à un espace réservé et sécurisé, à partir du 28 novembre à 11h sur un site spécialement dédié. Visiter le site

JOURNÉE MUSIQUE & CREATIONS : 30 novembre programme musical

Actualités JOURNÉE MUSIQUE & CREATIONS : 30 novembre programme musical Le SNAC a le plaisir de convier les compositrices et compositeurs de musique contemporaine à participer à la JOURNÉE MUSIQUE & CREATIONS, qui aura lieu le 30 novembre 2023 à la Cité internationale universitaire de Paris, Salle des fêtes de la Fondation Biermans Lapôtre, 9A boulevard Jourdan, 75014 Paris [INSCRIPTION] Programme Musical du concert (Le Kaïros Reed Quintet et le Quatuor Arev ont chacun eu la responsabilité du choix des œuvres des compositrices ou compositeurs programmées) Kaïros Reed Quintet Les Animaux malades de la peste (La Fontaine), Bruno Siberchicot Metrobate, Béatrice Thiriet Kaïros lied, Jean-Claude Wolff Quatuor Arev Quatuor N°1, Pierre-André Athané, 3e mouvement Abrasjon II, Anna Berg Ondulent, Imsu Choi Quatuor N°3, Alfred Schnittke, 1er mouvement   > En savoir plus sur le concert > Programme des tables rondes

SNAC : MONTREUIL (Salon du livre) 1 permanence juridique et 1 table ronde

Actualités SNAC : MONTREUIL (Salon du livre) 1 permanence juridique et 1 table ronde Le Snac au Salon de Montreuil : Vendredi 1er décembre de 9h à 13h, une permanence juridique au Comptoir des auteurices Lundi 4 décembre de 11h20 à 12h20, une rencontre au Comptoir des auteurices Pour la permanence juridique du vendredi pourront être abordées, avec Maïa Bensimon et / ou Emmanuel de Rengervé, toutes questions de droit d’auteur (contractuelles ou légales) ou concernant le statut social et fiscal des auteurices. Pour la table ronde « Contrats Contraints ? Paroles d’auteurs et d’autrices dans le secteur jeunesse : Albums et BD » Seront présents les auteurices Marc-Antoine Boidin, Audrey Molinatti et Olivier Souillé. La modération sera faite par Maïa Bensimon et Emmanuel de Rengervé. Il s’agit d’évoquer les clauses contractuelles et les rémunérations proposées aux auteurs dans les secteurs albums et BD jeunesse. L’objectif est de donner la parole aux auteurs de la table ronde puis aux auteurs de la salle, pour évoquer les clauses contractuelles et les rémunérations proposées dans les secteurs Albums jeunesse et BD jeunesse. Il est envisagé de faire une comparaison entre les secteurs jeunesse, Albums d’une part et BD d’autre part, ainsi que d’aborder les pratiques du secteur BD en général, pour les adultes, pour nourrir les auteurs jeunesse d’arguments de négociation auprès de leurs éditeurs du secteur jeunesse. Le contrat commenté, un mode d’emploi du contrat d’édition pour les auteurs de bande dessinée, disponible sur le site du Snac en pdf en cliquant ici.