IA : Sacrifier les droits de propriété intellectuelle n’est pas un acte de souveraineté

Actualités IA : Sacrifier les droits de propriété intellectuelle n’est pas un acte de souveraineté Tous les secteurs de la Culture et de l’Information représentés par nos 81 organisations s’expriment ici d’une seule voix pour saluer l’engagement déterminé du Sénat en faveur du respect de la propriété intellectuelle à l’ère de l’IA générative après l’adoption à l’unanimité de la proposition de loi relative à l’instauration d’une présomption d’utilisation des contenus culturels par les fournisseurs d’IA le 8 avril dernier. Ils font écho aux 25 000 qui ont déjà signé la tribune collective en faveur de l’inscription rapide de cette proposition de loi à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale et qui représentent la diversité de nos métiers et de nos secteurs. Culture, information et technologie ont toujours cheminé ensemble pour réinventer la manière dont on crée, dont on autorise, dont on diffuse les œuvres et objets protégés au bénéfice du plus grand nombre. Le fait que l’IAG investisse le champ du langage et de la création est indéniablement une rupture ; mais le fait d’obtenir des autorisations pour utiliser nos contenus s’inscrit au contraire dans une continuité – celle du respect du droit de propriété qui est un droit fondamental. Nous avons un intérêt commun à construire un marché de licences volontaires. Le respect des droits est le seul chemin garantissant : la compétitivité de la presse ainsi que des industries culturelles et leur capacité d’investissement au bénéfice de l’information et de la création ; la sécurité juridique comme avantage concurrentiel au bénéfice des systèmes et modèles ; le choix différenciant d’une IA responsable, tourné vers l’humain et conforme à nos valeurs européennes au bénéfice du consommateur. Comme ils l’ont toujours fait, nos secteurs sont prêts à s’adapter au modèle économique de leurs futurs partenaires. Mais pour cela, il faut qu’ils acceptent de venir à la table des négociations. C’est l’objectif poursuivi par la proposition de loi du Sénat. En rendant possible la preuve de l’utilisation de nos contenus par les systèmes et modèles, la présomption rend effectives les obligations du Règlement IA en matière de conformité au droit d’auteur et de transparence ; elle rééquilibre le rapport de force entre nos secteurs culturels et les entreprises de l’IA ; elle crée donc les conditions d’un dialogue pour installer une nouvelle chaîne de valeur. Nous ne pouvons pas continuer à accepter qu’un secteur économique se construise sur le pillage généralisé d’un autre secteur au mépris de l’Etat de droit, alors qu’il existe une alternative vertueuse au bénéfice de tous. Mesdames et Messieurs les Députés, aidez-nous à faire appliquer les règles du jeu en soutenant l’inscription de la proposition de loi Présomption à l’ordre du jour et en lui apportant vos suffrages avant l’été ! Télécharger le communiqué ORGANISATIONS ACID Association du Cinéma Indépendant pour sa DiffusionADAGP Société des Auteurs dans les Arts Graphiques et PlastiquesADAMI Société Civile pour l’Administration des Droits des Artistes et Musiciens InterprètesAlliance de la PresseAnimFrance Syndicat de la production audiovisuelle et cinématographique indépendante d’animationAPI Association des Producteurs IndépendantsBLIC Bureau de Liaison des Industries CinématographiquesBLOC Bureau de Liaison des Organisations du CinémaCEMF Chambre syndicale des Éditeurs de Musique de FranceCFC Centre Français d’exploitation du droit de CopieCoalition Française pour la Diversité Culturelle  CPE Conseil Permanent des EcrivainsCSDEM Chambre Syndicale de L’Edition MusicaleDIRE Distributeurs Indépendants Réunis EuropéensDVP Droits Voisins de la PresseEAT Ecrivaines et Ecrivains Associés du ThéâtreEIFEIL Editeurs indépendants fédérés en FranceEUROCINEMA Association de Producteurs, de Cinéma et de TélévisionF3C-CFDT Fédération Conseil, Communication, Culture – CFDTFASAP-FO Fédération des Arts, du Spectacle, de l’Audiovisuel et de la Presse – FOFCCS-CFE-CGC Fédération Culture Communication Spectacle – CFE-CGCFFAP Fédération Française des Agences de PresseFICAM Fédération des industries du Cinéma, de l’Audiovisuel et du MultimédiaFNPS Fédération nationale de la presse d’information spécialiséeFNSAC-CGT Fédération Nationale des Syndicats du Spectacle, de l’Audiovisuel et de l’Action Culturelle – CGTFO-MEDIAS FO-MEDIASGESTE Les Editeurs de Contenus et Services en ligneLa Charte des Auteurs et Illustrateurs jeunesse  LA GAM La Guilde des Artistes de la MusiqueLa Guilde Française des Scénaristes  La SAIF Société des Auteurs des arts visuels et de l’Image FixeLa SCAM La Société Civile des Auteurs MultimédiaLAFA La Filière AudiovisuelleLAP Ligue des Auteurs ProfessionnelsLe SPI Le Syndicat des Producteurs IndépendantsLES VOIX Association Professionnelles des Comédiens Artistes-Interprètes de la Voix EnregistréePROCIREP Société des Producteurs de Cinéma et de TélévisionSACD Société des Auteurs et Compositeurs DramatiquesSACEM Société des Auteurs, Compositeurs et Editeurs de MusiqueSAMVA CFE-CGC Syndicat des Artistes Musiciens de Variétés et Arrangeurs – CFE-CGCSAPHIR Syndicat des Agences de Presse PhotographiquesSAPI Syndicat des Agences de Presse d’InformationsSATEV Syndicat des Agences de Presse Audiovisuelles SCA Scénaristes de cinéma associésSCFP Syndicat des Catalogues de Films de PatrimoineSCPP Société Civile des Producteurs PhonographiquesSDI Syndicat des Distributeurs IndépendantsSDLC Syndicat des Distributeurs de Loisirs CulturelsSDS Syndicat des ScénaristesSEAM Société des Éditeurs et Auteurs de MusiqueSEPM Syndicat des Éditeurs de la Presse MagazineSFAAL Syndicat Français des Agents Artistiques et LittérairesSFA-CGT Syndicat français des artistes-interprètes – CGTSFT Société française des traducteurs SGDL Société des Gens de LettresSLF Syndicat de la Librairie FrançaiseSMA Syndicat des Musiques ActuellesSN3M-FO Syndicat National des Musiciens et du Monde de la Musique – FOSNAC Syndicat National des Auteurs et des CompositeursSNAM-CGT Union Nationale des Syndicats d’Artistes Musiciens de France – CGTSNAPAC-CFDT Syndicat National des Artistes et des Professionnels de l’Animation, du Sport et de la Culture – CFDT SNAPSA CFE-CGC Syndicat National des Artistes, des Professions du spectacle et de l’Audiovisuel – CFE-CGC SNE Syndicat national de l’Edition SNEP Syndicat National de l’Edition PhonographiqueSNPEP-FO Syndicat national de la Presse, de l’édition et de la Publicité – FOSOFIA Société Française des Intérêts des Auteurs de l’écritSPECT Syndicat des Producteurs et Créateurs de Programmes AudiovisuelsSPIIL Syndicat de la presse indépendante d’information en ligneSPPF Société Civile des Producteurs de Phonogrammes en FranceSRF Société des Réalisatrices et Réalisateurs de filmsSudAnim Association des Professionnels de l’Animation en région SudULM Union des Librairies MusicalesUMAN Union des Manageuses et Managers de la MusiqueUNAC Union Nationale des Auteurs et CompositeursUNIFAB Union des FabricantsUnion des Poètes et C ieUPAD Union Professionnelle des Auteurs de DoublageUPC Union des Producteurs de CinémaUPP Union des Photographes ProfessionnelsUSPA Union Syndicale de la

Des élections professionnelles pour constituer le Conseil national de la protection sociale des artistes auteurs – Un entretien avec Anne-Louise Trividic

Actualités Des élections professionnelles pour constituer le Conseil national de la protection sociale des artistes auteurs Un entretien avec Anne-Louise Trividic, scénariste, co-présidente du SCA (Scénaristes du Cinéma Associés), vice-présidente de la SSAA. CHAPÔ – Le PLF 2026 a été l’occasion de faire évoluer le texte relatif à la SSAA dont une réforme a été votée en décembre 2024 par la majorité des organisations présentes au CA de la SSAA. Le texte de l’article 5 initial (devenu article 8 du PLF 2026) était celui du gouvernement, reprenant la réforme souhaitée pour la structure.   Bulletin des Auteurs – Quel a été le débat lors de la loi de finances 2026 débattue au Parlement à l’automne 2025 ?   Anne-Louise Trividic – Une opposition vive d’une partie des organisations d’auteurs s’est levée, bien orchestrée, attendant son heure – et l’heure était celle-là – celle du débat parlementaire autour du PLFSS. Cette opposition a bataillé pour que la constitution du Conseil d’administration ne soit plus le fruit d’une enquête de représentativité comme cela se trouve pour les travailleurs indépendants et les autoentrepreneurs (efficace et équitable – car il y a des organisations dont le nombre d’adhérents compte seulement quelques centaines de membres mais qui pourtant font beaucoup dans leur secteur, tout dépend des secteurs et des chantiers à mener). Au SCA, par exemple, nous avons quelque trois cents membres et nous avons des chantiers importants à mener pour notre secteur, certains ont déjà abouti comme l’accord interprofessionnel d’octobre 2025 entre auteurs et producteurs, qui définit entre autres les conditions d’un minimum non remboursable durant l’écriture, acquis quoiqu’il arrive, mise en production ou pas, à l’auteur). Le nombre d’adhérents est bien sûr un critère recevable, mais l’impact, l’action d’une organisation, le sont aussi indéniablement, si ce n’est plus encore. Et selon les métiers concernés, les adhérents ne seront jamais des milliers. Cette opposition a bataillé pour que la constitution du Conseil d’administration ne soit plus le fruit d’une enquête de représentativité comme cela se trouve pour les travailleurs indépendants et les autoentrepreneurs (efficace et équitable – car il y a des organisations dont le nombre d’adhérents compte seulement quelques centaines de membres mais qui pourtant font beaucoup dans leur secteur, tout dépend des secteurs et des chantiers à mener). Au SCA, par exemple, nous avons quelque trois cents membres et nous avons des chantiers importants à mener pour notre secteur, certains ont déjà abouti comme l’accord interprofessionnel d’octobre 2025 entre auteurs et producteurs, qui définit entre autres les conditions d’un minimum non remboursable durant l’écriture, acquis quoiqu’il arrive, mise en production ou pas, à l’auteur). Le nombre d’adhérents est bien sûr un critère recevable, mais l’impact, l’action d’une organisation, le sont aussi indéniablement, si ce n’est plus encore. Et selon les métiers concernés, les adhérents ne seront jamais des milliers. Donc, à l’automne 2025, grande campagne de certaines organisations auprès des députés en faveur de la tenue d’élections, pour constituer le Conseil du futur organisme, et cette campagne a porté ses fruits, en effet les députés ont été favorables à cette modification, y voyant un fonctionnement démocratique, qui les a convaincus. Plus d’enquête de représentativité, donc, et nous élirons le CA du « Conseil national de la protection sociale des artistes auteurs », et ce, vraisemblablement en 2027. Sur le principe, au SCA ou au bureau de la SSAA, nous n’étions pas contre les élections. Mais des élections comment ? Il est important, bien sûr, d’en fixer des critères justes, objectifs. L’enquête de représentativité est pourtant un système qui a fait les preuves de son efficacité, c’est ce qui permet par exemple de constituer le CA du CPSTI [Conseil de la protection sociale des travailleurs indépendants]. Il y a tant de différences entre organisations dans certains champs professionnels, que cet examen plus approfondi des instances (que permet l’enquête de représentativité) est clairement le choix le plus adapté à nos champs d’activités. Il faut aussi dire que, jusqu’en 2014, c’étaient des élections qui menaient à la constitution des CA (Agessa, MdA), et, on le sait, la preuve n’a pas été apportée à ce jour d’un meilleur fonctionnement global, au terme d’élections. Autre point d’achoppement et de dissension entre organisations : dans le cadre du débat parlementaire autour du PLFSS, un sous-amendement concernant les règles de représentativité, proposé par la sénatrice écologiste Monique de Marco, a supprimé, dans la formule « organisations professionnelles ou syndicales », les mots professionnelles et ou. Une suppression qui pouvait facilement passer inaperçue, mais ne l’a pas été, heureusement ! Car elle restreignait alors la représentation des artistes et des auteurs aux seuls syndicats. Autant dire que des organisations professionnelles, qui sont constituées sous forme d’association, comme le SCA ou la SGDL, et beaucoup d’autres, auraient été inéligibles. Mais nous avons réagi, expliqué ce que cela signifiait (ce n’était pas facilement lisible pour les députés, aussi fallait-il communiquer vite sur la question) et cette disposition n’a pas été adoptée. B. A. – Quel est ce fameux article 5 et que propose-t-il comme modifications à la SSAA ? Anne-Louise Trividic – L’article 5 du Projet de Loi de finances de la Sécurité Sociale (PLFSS) était la traduction législative de ce qui avait été construit et voté à la majorité des voix dans le cadre du Conseil d’administration de cette structure confiée à la gouvernance des auteurs et de leurs représentants. Conscient des nombreux et graves errements commis par le passé, et dans une démarche visant précisément à ne pas les répéter, le Bureau du Conseil d’administration de la SSAA a d’abord demandé en décembre 2024, puis encouragé à l’été 2025, un plan de transformation, objet d’une concertation ouverte, qui a recueilli dans sa version finalisée, à une large majorité, le soutien du Conseil d’administration en septembre 2025. Ce plan de transformation a fait l’objet d’une large concertation et a été voté à la grande majorité des membres du Conseil d’administration de la SSAA (cinq voix contre seulement, sur vingt-trois membres du CA). Il souhaitait doter la SSAA réformée de nouveaux

IAG – Tribune pétition présomption d’utilisation

Actualités Utilisation des œuvres par l’IA : Une décision décisive pour les auteurs et autrices est à venir à l’assemblée nationale. Comme bon nombre d’organisations de la culture et de la presse, le Snac est signataire d’une tribune collective soutenant l’inscription de la proposition de loi en faveur de la présomption d’utilisation des contenus culturels par l’IAG à l’Assemblée nationale parce qu’il est urgent de défendre les acteurs de la culture et de la presse face aux acteurs de la tech. Toujours ouverte aux signatures individuelles, la tribune à l’attention des députés a déjà recueilli quelque 20 000 signatures. Et ça continue de monter. Plus nombreux et nombreuses nous serons, plus nos chances de faire aboutir cette proposition de loi sera grande. Nous en appelons à votre mobilisation individuelle pour défendre les droits de tous ! Nous publions ci-dessous le texte de cette tribune: Mesdames et Messieurs les Députés, notre avenir face à l’IA générative est entre vos mains ! Ecrivains, artistes, journalistes, scénaristes, graphistes, réalisateurs, compositeurs, traducteurs, photographes, éditeurs de livres, éditeurs de presse, producteurs, distributeurs… : nous consacrons des semaines, des mois, des années à créer, écrire un texte, composer une mélodie, enregistrer un album, réaliser un film, dessiner une œuvre, fixer une émotion, mener une enquête, faire vivre l’ensemble de ces œuvres protégées, notre travail, auprès d’un large public. Et puis, quelque part dans le flux invisible des données, elles sont aspirées et digérées par des systèmes d’IA qui apprennent grâce à elles, apprennent d’elles et de nous, sans notre consentement, sans aucune compensation ni rémunération. Tenus à l’écart, confrontés à une opacité doublée d’une mauvaise volonté certaine, nous sommes dans l’incapacité d’en apporter la preuve. Dans des milliards de données, comment démontrer qu’une œuvre précise est utilisée quand l’accès aux données d’entraînement est verrouillé et que toute transparence est refusée ? Pour autant, notre conviction est renforcée par les aveux des géants de la tech et par les premières transactions financières aux ÉtatsUnis destinées à solder des procès en violation du droit de la propriété littéraire et artistique. La présomption d’utilisation de nos œuvres par les IA n’est pas une lubie de juristes. Elle n’est pas non plus une construction abstraite ou technique. C’est une réponse concrète à une injustice. Quand la preuve est devenue impossible, il est légitime d’en alléger la charge avec un principe simple : s’il existe des indices sérieux, il appartient aux fournisseurs de systèmes d’IA de démontrer qu’une œuvre n’a pas été utilisée. Pas plus, pas moins. Le Sénat l’a compris. Il a voté à l’unanimité une proposition de loi établissant cette présomption d’utilisation. Droite, gauche, centre : au-delà des clivages, un constat s’est imposé. La création humaine mérite d’être protégée face à une IA qui ne peut se développer sans règle ni transparence. Tout se joue aujourd’hui à l’Assemblée nationale. Et l’intense lobbying des plateformes mondiales d’IA s’y déploie. Elles se trompent : le respect de la propriété intellectuelle n’est pas un frein à l’innovation, il est à l’inverse la condition de sa sécurité juridique et de sa légitimité. Oui, nous sommes inquiets. L’adoption de ce texte ne tient qu’à un fil. S’il n’est pas inscrit rapidement à l’ordre du jour, son adoption sera retardée, voire impossible. S’il est, ne serait-ce qu’une seule fois, amendé, le vote final sera impossible. Parce que la procédure parlementaire offre de nombreux moyens de faire dérailler un texte, nous appelons solennellement l’Assemblée nationale à agir sans délai. Mesdames et Messieurs les Députés, vous allez décider si cette loi vit ou meurt. Vous allez décider si vous défendez la création humaine face à son instrumentalisation synthétique. Vous allez décider si la France, qui a inventé le droit d’auteur, reste fidèle à son histoire.Vous allez décider si elle choisit d’être la première nation à poser des règles justes à l’âge de l’IA. Mesdames et Messieurs les députés, votre décision sera observée. Partout en France et au cœur de vos circonscriptions, celles et ceux qui créent, écrivent, informent, interprètent, composent, filment, éditent, produisent, publient vous font confiance. Le temps presse. Je signe la tribune Je consulte la liste des signataires:  https://www.sacd.fr/sites/default/files/tribune_collective_regulation_ia_generative_signataires.pdf Avec toute notre mobilisation, Le Syndicat National des Auteurs et des Compositeurs

Partages et Partitions – par François Peyrony, Président du Snac et compositeur

Actualités Partages et Partitions – par François Peyrony, Président du Snac et compositeur Connaissez-vous cette histoire ? Un jour, de doctes savants se réunissent en congrès international pour déterminer si l’on peut séparer l’humanité en deux parties distinctes. Certains disent : « Oui, évidemment, il y a les hommes et les femmes. » D’autres : « Oui, il y a les riches et les pauvres. » D’autres encore : « Il y a les gentils et les méchants », « les sensés et les fous », « les chevelus et les chauves », etc. Au bout de longs débats infructueux, quelqu’un suggère de s’adresser à la sagesse populaire. Tout ce beau monde sort dans la rue, aperçoit un homme assis tranquillement sur un banc, et se dirige vers lui. On lui demande : « Peut-on séparer l’humanité en deux groupes distincts ? » L’homme sourit et répond : « Évidemment ! C’est simple : il y a ceux qui croient qu’on peut séparer l’humanité en deux groupes distincts, et ceux qui n’y croient pas. » Cette histoire est édifiante, car cette tendance, par souci de simplification, à vouloir créer des séparations franches entre les êtres humains est vouée à l’échec ; le réel n’est pas binaire. Le réel ressemble à ce qu’on appelle une Courbe de Gauss, aussi baptisée « Courbe en cloche », qui répartit tout groupe humain, quelle que soit la thématique de départ, en une distribution qui valide trois constats : un, la plupart des valeurs sont proches de la moyenne, deux, plus on s’en éloigne, moins il y en a, trois, les valeurs extrêmes sont très rares. Le Snac n’omet jamais de dire qu’il est transversal. C’est un mot qui tente de décrire que la typologie des auteurs et des autrices est extrêmement variée. Le Snac, grâce à ses adhérent.es, ses forces vives, représente un spectre très large de modes de fonctionnement, de pensées, d’actions, de milliers – de centaines de milliers – d’artistes-auteurs[1]. Peut-on séparer les auteurs en deux groupes distincts, deux groupes qui seraient opposés dans leur fonctionnement, dans leur façon même de vivre le droit d’auteur ? Cette question pourrait faire partie des enjeux des futures élections professionnelles que, sous la pression de certains syndicats, l’Assemblée nationale a décidé d’imposer au secteur de la création, pour la gestion de la sécurité sociale des artistes-auteurs (SSAA). Il nous faudra d’ailleurs veiller à ce qui sera une « campagne électorale » ne voie pas certains syndicats ou groupes de pression monter les auteurs les uns contre les autres, afin d’obtenir le plus de voix possible. C’est ainsi qu’on dégage des majorités, certes, mais aussi qu’on exclut des minorités… En jouant au jeu de séparer le monde des auteurs en deux catégories, on en voit vite, non seulement la futilité, mais aussi le danger. Il est cependant intéressant d’utiliser cet exercice comme méthode de réflexion. Une des séparations du monde des auteurs la plus intéressante à explorer est celle-ci : certain.es auteurs et autrices, dans la pratique de leur activité, ne sont pas confronté.es à la notion d’interprète. L’autrice d’un roman, le peintre qui vend son œuvre, n’ont pas d’accès direct à cette relation particulière entre auteur et interprète, que René Leibowitz a étudiée dans son célèbre ouvrage Le Compositeur et son double, et que le groupement « Musiques Contemporaines » du Snac a exploré lors des récentes Rencontres qu’il a organisées. Dans le monde de l’écrit dramatique, ce lien existe pour les scénaristes, les dramaturges ; dans le monde de la musique, l’acte de création n’est pleinement accompli que lorsqu’il est interprété, c’est‑à‑dire lorsqu’un autre artiste apporte son propre univers créatif. Une autre séparation qui oblige à la réflexion, est celle-ci : certain.es auteurs ou autrices créent des œuvres que je qualifierais d’autonomes, et d’autres créent des œuvres qu’on dit collectives. Un roman, une symphonie, un tableau, sont, sauf en de rares exceptions, l’expression d’une seule personne[2]. Tout ce qui a trait aux droits d’auteur de ces œuvres sera donc fléché vers cette personne. Mais prenons l’exemple de l’opéra Don Juan de Mozart ; j’écris bien « de » Mozart car il est toujours présenté comme tel, et inscrit comme tel dans l’inconscient collectif. Mozart (auteur n° 1) a composé une musique « sur » un livret de Lorenzo da Ponte (auteur n° 2), qui lui-même s’est inspiré, selon la notice Wikipédia, du « mythe de Don Juan ». Mais ce mythe, d’où sort-il ? De Tirso de Molina (auteur n° 3). La chaîne d’auteurs ne s’arrête pas là ! En effet, Da Ponte a emprunté (euphémisme, il a en fait recopié) des bouts du livret écrit par Giovanni Bertati (auteur n° 4) pour l’opéra Don Giovanni Tenorio, créé peu avant celui « de » Mozart. Une œuvre, quatre auteurs. Comment détermine-t-on, sur les 100 % de cette œuvre, quelle part appartient à chacun des quatre ? Quelles sont les règles, sont-elles objectives, peuvent-elles seulement l’être ? Et Giuseppe Gazzaniga (auteur n° 5), le compositeur de l’opéra Don Giovanni Tenorio, n’aurait-il pas le droit, la légitimité, d’être associé à toute cette histoire ? Car, oui, sans le succès de celui-ci à sa création, peut-être n’y aurait-il jamais eu de Don Juan « de » Mozart… Pourtant, ces séparations que je viens d’évoquer ne sont pas si nettes. L’auteur d’un roman sera confronté à la venue d’un.e autre auteurice lorsqu’il y aura traduction, ou adaptation pour un autre médium, comme le cinéma. Une compositrice pourra éviter l’intermédiaire de l’interprète, si elle interprète elle-même ses œuvres, comme c’est fréquent dans le monde musical. Dans la musique classique, d’ailleurs, nombreux sont les compositeurs et compositrices qui étaient également de grands interprètes, vivant autant – sinon plus – de leurs salaires de concertiste que de leurs droits d’auteur. Enfin, de grands pans de la création oscillent entre des œuvres solitaires ou à plusieurs mains, avec ou sans interprètes, selon l’envie, le besoin, l’humeur, dans un foisonnement réjouissant : voyez comme tout peut s’entremêler dans les mondes de la

Bulletin des auteurs n°165 avril 2026

Actualités Découvrez le nouveau bulletin des auteurs N°165 – Avril 2026 Au sommaire Éditorial du Président Partages et Partitions – par François Peyrony  Hommage à Jean-Benoît MEYBECK – par le comité de pilotage du groupement Bande Dessinée  Musiques contemporaines La place des compositrices dans la musique  Tribune libre – Seul on va plus vite, ensemble, on va plus loin… Un orchestre symphonique pour l’Amazonie  Musiques à l’image Quand les compositrices et compositeurs entrent dans la carrière  Une nouvelle orientation des aides aux compositrices et compositeurs, attribuées par le CNM  Théâtre, Scénographie, Danse Les créateurs Lumière rejoignent l’UDS, membre du Snac  Bande dessinée/ Lettres Un nouveau critère dans l’attribution d’une aide à l’édition  Les droits patrimoniaux que les autrices et les auteurs abandonnent à leur maison d’édition  Une journée des scénaristes de Bande dessinée à l’ADAGP  Informations Générales Le rapport Voss  Le Sénat a voté la loi relative à l’instauration d’une présomption d’utilisation des contenus culturels par les fournisseurs d’IA  Tribune libre – Tristesse de l’IA  Des élections professionnelles pour constituer le Conseil national de la protection sociale des artistes auteurs Lire le bulletin

Le Snac félicite Madame Catherine Pégard pour sa nomination au ministère de la Culture

Actualités Le Snac félicite Madame Catherine Pégard pour sa nomination au ministère de la Culture Le Syndicat National des Auteurs et des Compositeurs (SNAC), représentant les auteurs et autrices issus de tous les métiers de la création, adresse ses sincères félicitations à Madame Catherine Pégard pour sa nomination en qualité de ministre de la Culture. Son parcours au sein des institutions culturelles et sa connaissance approfondie des politiques publiques seront des atouts déterminants pour appréhender les enjeux du secteur. Dans un contexte marqué par de profondes transformations structurelles et technologiques, le Snac réaffirme l’importance de politiques publiques ambitieuses afin de garantir la protection des droits patrimoniaux et moraux des auteurs et autrices. La reconnaissance et la mise en œuvre de leurs droits sociaux, l’application d’une rémunération équitable et proportionnelle, l’encadrement des pratiques éditoriales déséquilibrées, ainsi que la protection des auteurs et autrices face à l’essor de l’intelligence artificielle générative, demeurent au cœur des priorités du Snac. Le Syndicat se tient pleinement disponible auprès du cabinet de Madame la ministre pour contribuer activement aux réflexions et initiatives publiques qui doivent permettre de garantir un environnement équilibré et protecteur pour les auteurs et autrices. Le Snac tient également à saluer l’action menée par Madame Rachida Dati au cours de son mandat, et à remercier les équipes du ministère pour la qualité du dialogue noué avec les représentants du secteur.

Bulletin des auteurs n°164 janvier 2026

Actualités Découvrez le nouveau bulletin des auteurs N°164 – Janvier 2026 Au sommaire Éditorial du Président Années après années – par François Peyrony  Hommage à Jean-Max Rivière – par Claude Lemesle  Musiques contemporaines Pour une attribution objective de l’aide à la composition musicale Musique & Créations III – Les Journées de la Musique contemporaine à Mulhouse  Bande dessinée/ Lettres Amael, un nouvel outil au service des auteurs   Après l’annulation du festival d’Angoulême  L’Une d’entre nous devient nous toutes Brève Traduction littéraire – Le scandale Harlequin : de mal en pis ! Théâtre, Scénographie, Danse Défendre la place de l’artiste auteur L’image a le pouvoir de changer le regard des gens  Informations Générales Assurer une représentation des auteurs dans toute leur diversité Les 80 ans du Snac – Quelques témoignages Lire le bulletin

Le Snac agit pour vos droits : maladies et accidents professionnels

Actualités Le Snac agit pour vos droits :maladie et accident professionnel La situation actuelle Aujourd’hui, les artistes-auteurs cotisent sans bénéficier de tous les droits sociaux fondamentaux. pas de couverture pour les maladies professionnelles pas de droits en cas d’accident lié à l’activité Une situation inacceptable pour des auteurices en activité permanente. Nos actions auprès des pouvoirs publics En décembre 2025, le Snac a saisi le Ministère de la Culture et le Ministère du Travail et de la Santé pour demander : l’ouverture des droits sociaux réels pour les artistes-auteurs (maladie professionnelle & accident professionnel). Les auteurices paient la CSG à hauteur de 9,2 % sans ouverture de droits équivalents à ceux des autres actifs. Le Snac demande que ces cotisations ouvrent enfin des droits, comme pour les autres travailleurs.   Nos propositions concrètes Réaffecter une partie de la CSG vers : la couverture des accidents professionnels la reconnaissance des maladies professionnelles Étudier une ouverture rétroactive des droits Le ministère de la Culture a notamment répondu à cette demande en confiant une nouvelle mission sur la rémunérations des artistes-auteurs à l’Inspection générale des affaires culturelles (IGAC), l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) et l’Inspection générale des finances (IGF). Au delà des droits sociaux, le Snac agit aussi pour : des délais de paiement légaux des rémunérations et des tarifs conformes aux recommandations une meilleure application des droits existants Télécharger notre lettre au ministère de la Culture Lire le communiqué du ministère de la Culture

Le Snac condamne les propos de la CGT-Spectacle et dépose plainte pour diffamation

Actualités Le Snac condamne les propos de la CGT-Spectacle et dépose plainte pour diffamation Le Syndicat National des Auteurs et des Compositeurs (Snac) dénonce les propos tenus dans le communiqué de presse de la CGT Spectacle du 30 octobre 2025 et indique qu’il dépose une plainte pour diffamation devant le doyen des juges d’instruction de Paris. Pour rappel, le 24 avril 2025, le Snac se voyait notifier l’ouverture d’une procédure d’exclusion, sans mise en demeure préalable et se faisait exclure, sans réel débat, le 2 juin, décision confirmée le 12 octobre dernier. Le Snac, qui a lui-même annoncé cette exclusion par communiqué de presse du 17 octobre 2025, n’accepte pas les pratiques mensongères et insultantes que la CGT-Spectacle a utilisé pendant la procédure d’exclusion et qu’elle continue d’utiliser encore, la présentation tronquée et falsifiée de ses prises de position sur divers sujets d’actualité ou de fond. Au nom de la confraternité qui a toujours prévalu entre les organisations d’auteurs, le Snac avait jusqu’alors pris le parti de ne pas répondre à ces attaques et allégations mensongères dont il fait l’objet. Il tient aujourd’hui à dénoncer avec fermeté des méthodes qui desservent les auteurs et les actions menées par des organisations sérieuses œuvrant de longue date pour les défendre et leur porter assistance. Par conséquent, le Snac saisit la justice contre ces allégations mensongères et diffamatoires. La CGT-Spectacle pourra ainsi répondre de ses propos et apporter les éléments de preuve sur lesquels elle fonde ses accusations. Le Snac est déterminé à ne plus laisser passer des propos calomnieux, trompeurs et diffamatoires à son égard. Le Syndicat National des Auteurs et des Compositeurs

Lettre ouverte à Monsieur Laurent Nuñez, ministre de l’Intérieur

Actualités Lettre ouverte à Monsieur Laurent Nuñez, ministre de l’Intérieur Monsieur le ministre,  Nous venons à vous, mu·es par une profonde perplexité pour ne pas dire sidération, après avoir appris ce week-end l’interdiction d’entrée sur le territoire français d’une collègue italienne. En effet, l’autrice de bande dessinée, Elena Mistrello, s’est vu signifier son renvoi dans son pays depuis le tarmac lors de son arrivée à l’aéroport de Toulouse Blagnac, alors même qu’elle était invitée par le festival de Colomiers à dédicacer son album Syndrome Italie aux Editions Presque Lune.  Pour rappel, le nouvel ouvrage de l’autrice à la carrière affirmée et solide, traite du sort réservé aux femmes migrantes arrivant dans son pays.  Monsieur le Ministre, nous ne pouvons que souligner l’ironie d’une telle situation…  Si nous nous adressons à vous aujourd’hui, c’est afin de comprendre les motivations de vos services. En effet, nous sommes dans l’ignorance la plus complète, aucune raison n’ayant été fournie à notre collègue, si ce n’est – nous citons -, qu’elle représenterait « une grave menace pour l’ordre public français ».   Cette personne n’ayant commis à notre connaissance, aucun crime ou délit, ou tout acte susceptible de mettre en péril la sécurité publique, notre incompréhension est totale. Elle l’est d’autant plus que nous nous permettons de rappeler à qui lirait ce courrier, que dans la hiérarchie des normes, et ce depuis la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, le principe de liberté est supérieur à celui d’une éventuelle « anticipation » d’atteinte à la sécurité. Nous renvoyons pour cela, outre le texte de 1789, au préambule de la Constitution de 1946, à la Constitution de la Ve République – norme suprême de notre nation depuis 1958 -, ou enfin, si cela ne suffisait pas, à quelques décisions du Conseil constitutionnel prises ces dernières années, dans le cadre strict de Questions Prioritaires de Constitutionnalité.  En outre, de par les règles établies au sein de l’Union européenne et de l’espace Schengen dont nos deux pays (France et Italie) font partie des membres fondateurs, souhaitez-vous faire valoir qu’écrire ou dessiner des livres pourrait dorénavant motiver de tels actes d’autoritarisme, c’est-à-dire d’empêcher la liberté de déplacement des citoyen·nes européen·nes ? L’actualité est pourtant brûlante sur ce sujet ces dernières semaines et ont donné lieu à de vives tensions internationales…. Nous sommes sans voix, Monsieur le ministre, vis-à-vis de ce deux poids deux mesures et cette singulière incohérence…Rajoutons encore une fois la thématique spécifique de l’ouvrage : dénonciation des mauvais traitements réservés à d’autres êtres humains. Les artistes ayant pour motivation de défendre par leurs œuvres les personnes en migration, se retrouveraient-ielles désormais non grata en France ?  De telles mesures, Monsieur le ministre, ne font qu’entériner des soupçons pointés et soulevés, et nous inquiètent à juste titre, quant à une dérive illibérale de certaines fonctions régaliennes dans notre pays.  Pour l’ensemble de ces raisons, nous ne pouvons que considérer cette expulsion comme une fâcheuse erreur administrative, du zèle dans les ordres transmis à vos services, ou encore une initiative malheureuse d’un échelon hiérarchique ayant échappé à votre regard. Comprenez toutefois notre émoi. Nous sommes honteux.ses d’être associé·es à de tels faits qui méritent réparations et excuses.   Nous ajoutons qu’il nous semble incontestable qu’une enquête doit être diligentée, afin de saisir la mécanique des dysfonctionnements qui se sont donnés lieu pour arriver à une telle situation à tout le moins déplorable.  Certain·es que le bien-fondé de ces demandes ne manquera pas de vous sauter au visage, nous vous prions, Monsieur le ministre, d’agréer nos sincères salutations.   Le Conseil Syndical du Snac